Huile sur toile flamande, XVIIe

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EXTRAIT DU DOSSIER

[…] Ainsi, le spectateur entre dans cette scène souvent anodine pour y découvrir une fable qui guidera sa réflexion. Ces scènes semblent anormalement petites dans ces paysages où domine la nature. Leur taille en dit long sur la place de l’homme dans l’univers et surtout de la vanité de ses préoccupations par rapport à la grandeur et la splendeur de l’œuvre de Dieu. En effet, cette une nature calme, foisonnante et imposante s’oppose avec force à la vaine agitation des personnages qui la peuplent.
Dans le courant du XVIème siècle, l’art du paysage conquit une place importante et révéla des artistes talentueux. Joachim Patinier (1483-1524), peintre et dessinateur flamand, mettra en place un code de représentation qui fit école et scrupuleusement suivit durant le siècle suivant. Cette représentation si caractéristique consiste en un étagement des couleurs ; en partant du premier plan vers la ligne d’horizon, l’artiste utilisera les tons de bruns, de verts puis de bleus.
Cette règle associée à un souci de vérité objective de plus en plus élaboré, au caractère anecdotique récurrent des scènes présentées, à la majesté de la nature et à une demande forte de la bourgeoisie pour sa dévotion particulière et voici les codes du paysage flamand mis en place.
Notre tableau présente ici une scène de chasse. Deux cavaliers au premier plan, un à droite et un à gauche, un au second plan à gauche sont aidés de pages à pied et des meutes de chiens afin de chasser le gibier qui s’enfuit vers la gauche du tableau. Au second plan, à droite, un seul personnage court dans la direction opposée.
Sans surprise, la scène issue de la vie quotidienne des personnes les plus aisées cache un second niveau de lecture.
L’activité de chasser est à cette époque réservée aux classes élevées de la société. Elle est une activité de prestige et il est toujours bon d’être vu en pleine partie de chasse. Rien à voir donc avec le besoin de se nourrir, d’autant plus qu’une fois l’animal tué, il ne sera pas partagé avec une population plus pauvre. Il s’agit là d’une activité vaniteuse au premier sens du terme. L’église la considère comme telle. Elle œuvra longtemps à faire cesser une activité qui faisait retourner l’homme à un statut de sauvage, de païen, notamment lorsqu’il combattait en corps à corps face à un ours ou un sanglier. C’est d’ailleurs en dévalorisant la chasse à l’ours et au sanglier au profit de celle du cerf que l’Église permit de limiter le nombre de morts (alors élevé) que provoquaient les chasses à pieds1. Par ailleurs, notons que l’image du chasseur est aussi associée à celle du libertin.
Notre tableau, en écho direct à ce qui vient d’être expliqué précédemment, introduit la figure d’un cerf à droite du tableau. Un cavalier armé d’une épée est tout prêt de le tuer tandis qu’un chien tente d’empêcher sa progression. Cet animal n’est pas choisi au hasard. L’Église chrétienne a fait du cerf un gibier royal et, par le truchement des récits hagiographiques mêlés aux légendes autour de cet animal, elle a créé un véritable sujet d’élection pour transmettre des valeurs morales et religieuses. Elle s’appuie d’abord sur le jeu de mot entre cervus et servus proposant déjà une métaphore de l’amour salvateur : le cerf (cervus) est le Sauveur (servus). Tuer cet animal serait-il porter atteinte […]
1PASTOUREAU M., Une histoire symbolique du Moyen-Âge occidental, p.86-88.

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