UN VASE ZUN

EXTRAIT DU DOSSIER

Le terme zun signifie « coupe à vin » mais porte également une forte notion de respect puisqu’il signifie aussi « honorer », « respecter », « révérer », « vénérer », il est par ailleurs synonyme d’ « estime de soi ». Il appartient au champ lexical lié aux rites religieux et offre un nouvel éclairage pour comprendre notre objet.
Ces vases zun destinés à recevoir de l’alcool pouvaient prendre la forme d’un calice ou être zoomorphes. Ces coupes étaient utilisées lors de cérémonies de rites officiels durant lesquelles le monarque – ou la personnalité disposant de l’autorité – rendait hommage au ciel et aux ancêtres pour garantir un fonctionnement harmonieux de l’univers. Les zun faisaient partie intégrante de la vaisselle métallique d’apparat, une des productions les plus prestigieuses de l’art chinois.
Notre vase de libation prend ici la forme d’une oie dont la symbolique en Chine en fait un animal important puisqu’elle est le symbole du principe Yang1. L’oie sauvage – ici représentée sous une forme agressive à l’inverse de l’oie domestique moins farouche – est messagère de bonnes nouvelles et symbole de courage, d’unité, de solidarité et de fidélité. Sa figuration convient donc parfaitement à un objet permettant d’interférer avec le ciel, l’univers et les dieux de manière positive et pacifique. Mesurant 39,5 cm de haut et 34 cm de large, ce vase zun est réalisé en bronze dans une technique de fonte au sable caractéristique des bronziers chinois depuis le VIème siècle avant notre ère. Cette technique consiste en l’utilisation de moules à sections. Le moule nécessaire à la fabrication de l’objet est découpé en plusieurs parties que le bronzier assemble avant d’effectuer la coulée. Les moules sont réalisés en terre réfractaire ce qui permet aux graveurs et aux sculpteurs d’obtenir des tailles très fines et précises sur la face interne de chaque moule. Cette technique laborieuse exige un travail de conception très abouti en amont de la production. La Chine possédant de grandes ressources minières ainsi qu’une terre plastique supportant de très grands feux, cette méthode a presque toujours été préférée à celle de la cire perdue. Cette technique de moule à sections permet un décor complexe et sophistiqué comme on peut l’observer sur notre vase.

La panse est décorée d’un motif de leiwen, une spirale à angle droit symbolisant la foudre et fréquemment utilisé sur les bronzes des dynasties Shang (XVIIème siècle – 1027 av. notre ère) et Zhou (1027-221 av. notre ère). Elle est décorée de frises de fleurs que l’on retrouve sur le col du vase mais aussi à la base de la tête de l’oie. Ces motifs de frises sont probablement placés aux jonctions des soudures des différentes parties du moule et permettent de les camoufler élégamment.

1 Définition disponible sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (http://www.cnrtl.fr/definition/yang) : « Chacun des deux aspects opposés et complémentaires de tout ce qui existe (le yin correspondant à la terre, à la lune, à l’ombre, au froid, à l’eau, à l’humidité, à la passivité, à la féminité; le yang correspondant au soleil, à la lumière, à la chaleur, à la
sécheresse, à l’activité, à la masculinité) et dont l’alternance, l’interaction permanentes produisent la vie, forment le grand principe de l’Ordre universel ou Tao. Yang et yin, lorsqu’ils sont unis, sont représentés par le symbole (…) appelé yin-yang (…). »

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