Avant dernier thème de la Museum Week, la Nature est une manne infinie de couleurs, de formes, de textures, autant d’inspiration pour les artistes. Ce blog étant avant tout dédié aux objets, je te présente la mascotte non-officielle d’Objets d'Art et d’Histoire : Mesdames et Messieurs, dans un tonnerre d’applaudissements, le xénophore collectionneur !

Passion Collection

Le xénophore collectionneur aime ses congénères tant et si bien qu’il les collectionne. C’est l’ultime conchyophile (le mot désignant élégamment le collectionneur de coquillage). Personne ne peut être plus conchyophile qu’un coquillage conchyophile. C’est impossible.

Xénophore Collectionneur
Xénophore Collectionneur © Siratus

Ce mollusque récupère soigneusement sur le sol marin des coquilles entières ou de petits éclats, il apprécie tout autant les coraux (morts ou vivants) et même les galets ! Une fois qu’il a trouvé la pièce parfaite qui enrichira sa collection, il la colle sur sa propre coquille.

Son nom même indique cette tendance à l’accumulation puisque xenophora signifie « qui porte l’autre ».

On trouve cet étonnant coquillage sur les récifs, les côtes rocheuses du Pacifique occidental et de la mer de Chine, son territoire s’étire du Japon aux Philippines.

Plusieurs espèces de xenophores ont été recensées : chaque espèce possède ses « objets » de collection de prédilection selon, vraisemblablement, la profondeur et le type d’environnement dans lequel habite le coquillage.

Camouflage chelou

Si plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette passion de la collection, deux qui tiennent la route.

La première propose que le xénophore soit non pas comme un conchyophile averti mais un trouillard qui utilise d’autres coquillages comme mécanisme de défense. Pour faire simple, il se fabrique une armure.

La seconde présente cette collection collée sur la coquille du xenophore comme une stratégie pour se surélever et pouvoir se nourrir en minimisant les déplacements sur le fond marin et donc sa visibilité par les prédateurs. Bouffer sans se faire bouffer. Habile.

  • MERMET G. et PACCALET Y., Trompe-L’œil, quand la nature fait illusion, Éditions de la Martinière, Paris, 2010
  • LEBRUN Patrice, PACAUD Jean-Michel, COURVILLE, Philippe, Les xénophores : des gastéropodes agglutinants. Les espèces du Cénozoïque français, Fossiles., Revue française de paléontologie, 28