Inséparable de son arc et de ses flèches, la déesse Artémis (ou Diane) évoque une divinité de la vie sauvage - qu’elle décime méticuleusement - et des territoires dangereux où l’Homme n’a pas encore décidé d’installer un Super Marketus. Dans ce contexte, arc et flèches sont autant outils de vie que de mort et révèlent une personnalité méconnue de la divine chasseresse. 

À la fin de cet article un quiz, à la fois ludique et admirablement réalisé, te permettra de tester tes connaissances. En cas de lamentable échec, tu seras immédiatement criblé de flèches.

Jean Goujon (1510 - 1566), Sculpture de Diane pour le château d’Anet, Musée du Louvre © Lankaart

L’arc : arme des dieux et des rois

L’arc et les flèches, à la suite des silex taillés furent décisifs pour l’avenir de l’être humain. Ce  premier outil mécanique ouvrit des portes à un confort de vie significatif qui te paraîtrait pourtant bien frustre aujourd’hui, toi pour qui la chasse ressemble désormais davantage à trouver un Uber Eat véloce qu’à aller buter des sangliers à mains nues (raison pour laquelle tu préfères sans doute les sushis). Les préhistoriens estiment que l’invention (de l’arc pas de Uber) daterait du Mésolithique (entre 50 000 et 10 000 ans avant notre ère). L’arme se perfectionna au fil du temps et les formes de l’arc évoluèrent en même temps que ses matériaux. Chaque culture créa ses propres modèles ; en Grèce on manipula essentiellement les arcs droits et les arcs composites, plus performants. 

[Clique pour agrandir] Artémis brandissant un arc droit. Cratère en céramique à figures rouges. Début de la Période Classique (circa 470 avant J.C) © Museum of Fine Arts Boston
[Clique pour agrandir] Artémis portant un arc composite. Amphore en céramique à figures rouges. Période Classique entre 470 et 450 avant J.C. © Penn Museum

Les pointes de flèches d’abord faites de silex taillés et d’obsidienne s’essayèrent dès l’Âge du Bronze au métal. La précision de l’arme s’affina en même temps que la dextérité des chasseurs désormais capables d’agrémenter leur régime alimentaire de petits et de gros gibiers. Grâce aux peaux de ces derniers, ses vêtements s’améliorèrent et le protégèrent davantage. On imagine aisément l’aura quasiment magique, presque divine, qui devait entourer les plus habiles archers désormais capables de soumettre la nature. Les arcs et flèches furent donc sans doute des objets de prix et symboliquement investis d’une valeur sacrée (souvent on retrouva des pointes de flèches dans les tombes antiques. Arc et fûts de flèches en matériau périssable ne laissent aucune trace). Arcs et flèches furent utilisés à la guerre comme à la chasse avant qu’un changement radical de l’éthique guerrière ne vienne tout bousculer au début de l’Âge du Fer. Changement dont témoignent l’archéologie et les grands textes classiques comme l’Iliade et l’Odyssée. L’arc d’Artémis sera indirectement l’emblème de cette nouvelle pratique de l’archerie dont tu t’apprêtes à découvrir les subtilités symboliques.

La dextérité au tir à l’arc demeura longtemps, au moins en lien, sinon la justification même du pouvoir politique. La civilisation achéménide (le premier empire perse) définissait en grande partie son roi comme étant un maître archer. Les Scythes, probables inventeurs de l’arc composite, furent des archers redoutés, réputés invincibles dont Héraclès serait le père. Hérodote rapporte que ce dernier offrit la légitimité de régner à celui de ses trois fils qui parviendrait à bander un arc (la belle époque où on pouvait encore se marrer en école Montessori). On retrouve ce lien entre pouvoir politique et maîtrise technique de l’arc dans l’Odyssée. Ulysse de retour à Ithaque se déguisa en mendiant afin d’identifier les prétendants de Pénélope. Un concours était justement organisé et offrait au vainqueur la main de la dame et par conséquent, le trône de l’île. Une des épreuves consistait à bander l’arc d’Ulysse ; tous échouèrent. Ainsi, Ulysse toujours déguisé recouvrit son identité et donc son pouvoir politique lorsqu’il parvint sans effort à tendre l’arme. Puis il en profita pour buter tous les participants. 

Héros, dieux et demi-dieux maniaient souvent l’arc avec dextérité et l’arme devint naturellement synonyme d’autorité et de puissance. Ce sont les Cyclopes qui offrirent à Artémis le sien. Pourtant, les armées grecques s’en servaient peu et réservaient l’arc et le carquois à la pratique de la chasse. Car dans cette société grecque de l’Âge du Fer, lâche et méprisable était celui qui tuait un ennemi à distance, sans prendre aucun risque, si bien qu’en Grèce comme à Rome, les soldats archers n’avaient pas même le statut d’homme libre. Dans le récit de la guerre de Troie, seuls trois héros apparaissent maniant arc et flèches : Pâris, Pandare et Teucros ; les deux premiers sont considérés comme des lâches et le dernier est un bâtard (pas l’insulte mais bien le statut) qui combat contre son oncle Priam. Le statut de cette arme en temps de guerre est limpide : elle est réservée aux tocards. Bien sûr, les dieux étaient exempts de ce jugement sans appel ; Zeus et ses copains eurent toujours un petit côté sanguin prompt à faire flipper les mortels dès lors extrêmement précautionneux. 

Si l’on attribue plus volontiers l’arc et les flèches à la déesse Artémis plutôt qu’à d’autres divinités du panthéon gréco-romain, c’est justement parce qu’Artémis n’est pas une guerrière mais une chasseresse. 

Artémis de Versailles accompagnée d’une biche. Réplique romaine du 1er- 2ème siècvle ap J.-C. d’une adaptation du 2e siècle avant J. C., d’aprés un original attribué à Leochares (2e moitié du 4e siècle av J.C). Musée du Louvre © RMN-Grand Palais / Les frères Chuzeville

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L’Iliade (V, 51) la décrit comme une déesse de la nature sauvage peu portée sur le véganisme qui frappe de ses traits « toutes les bêtes sauvages que nourrit la forêt, sur les montagnes. » Hésiode parle d’elle comme Iokhéairê, « l’Archère » dont la dextérité est malheureusement éblouissante lorsqu’elle tue par erreur Orion, un Géant qui, pour les amateurs de Walking Dead, trouvera un parfait avatar dans le personnage beau et ultra violent de Negan.

Fresque de Diane, Villa Adriadne à Pompéi, Ier siècle après J.C

Lorsque la déesse s’aperçoit de sa boulette, elle décide de la castatérisation (et non pas castration) d’Orion, opération consistant à transformer un être en étoile ou en constellation (un nouveau mot aussi difficile à réemployer qu’il dirigera vers toi les regards les plus admiratifs). Artémis n’a en revanche pas la carrure guerrière d’une Héra, qui lui règle son compte dans un fameux passage de l’Iliade (chant XXI) :

En dépit de l’arc que tu portes, Zeus a fait de toi une lionne pour les femmes et t’a permis de tirer celle qui te plait ! tu ferais mieux d’aller massacrer les bêtes des montagnes.

[…] Pourtant, si tu veux t’instruire au combat, eh bien ! tu vas savoir combien je vaux plus que toi, alors que tu prétends mesurer ta fureur à la mienne.

L’utilisation qu’Artémis fait de l’arc et des flèches semble être ici une illustration de cette différenciation entre chasse et guerre. Elle est moquée sur le champ de bataille mais encensée dans la forêt, dans les espaces où les hommes civilisés ne sont pas. Ses traits tuent peu de mortels mais elle règne sur la vie et la mort des animaux. Par extension, il faut comprendre qu’elle détruit de ses traits les pulsions animales inhérentes à l’être humain. Cela se traduit par sa qualité de déesse courotrophe, signifiant qu’elle prend soin des jeunes enfants et les guide dans leur apprentissage de la chasse (et donc de la civilisation), prélude à la guerre. Elle les sort peu à peu de l’animalité liée à la naissance et symbolisée par la forêt pour les mener au statut d’Homme, symbolisé par le tir à l’arc. Il s’agit ici d’arc et de flèches métaphoriques aussi bien que littérales, armes essentielles à la formation des adultes qui illustrent l’acquisition de la civilisation au fur et à mesure que l’enfant grandit. 

Détail de l’Artémis de Versailles. Réplique romaine du 1er- 2ème siècvle ap J.-C. d'une adaptation du 2e siècle avant J. C., d'aprés un original attribué à Leochares (2e moitié du 4e siècle av J.C) © Numerama

L’arc et les flèches d’Artémis sont ainsi hautement métaphoriques. Concentre-toi, voici la partie la plus cool de l’histoire des attributs de la divine chasseresse.

 Déesse de vie et de mort

Dès Homère et Hésiode, Artémis est une figure multiple, complexe et badass qui n’est pas sans rappeler par ses aspects protecteurs et destructeurs les cultes des grandes Déesses Mères asiatiques et égéennes.

Son autre célèbre attribut, le croissant de Lune est à relier au symbolisme du renouveau éternel et à la mort (incarnée par Hécate – la nouvelle Lune ou Lune noire – liée et parfois assimilée à Artémis). Dans sa forme, ce croissant est parfaitement similaire à un arc tendu ; il ne s’agit pas d’une coïncidence, tu t’en doutes. Si les flèches de la déesse détruisent l’animalité sur le chemin qui mène de l’enfance à l’âge adulte, alors l’arc est la matrice de l’énergie initiale des flèches. Or l’arc lorsqu’il est armé prend la forme du croissant de Lune lié à la fertilité.

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L’arc est la matrice maternelle, la mère, tandis que la flèche est l’enfant. Une fois que la flèche est insufflée d’énergie, elle se meut (elle est en vie) vers sa cible. Une fois la cible atteinte, elle s’immobilise (elle meurt).

Comme la vie, la puissance de la flèche décroît à mesure que sa durée de vie s’allonge. La flèche est donc à la fois symbole de vie et de mort métaphorique et aussi littérale puisqu’en tuant du gibier ou un ennemi, la flèche permet à l’Homme de vivre. Les Grecs en avaient sûrement une parfaite conscience linguistique puisque les mots – d’origines différentes – poison et trait (flèche) se prononçaient tous les deux iós.

Il est d’ailleurs révélateur que le poète Homère exploite l’homonymie parfaite entre les mots arc « βιός » et vie « βίος » dans ses textes, avec toujours un goût pour l’opposition forte de ces deux termes puisque l’un peut à la fois détruire et être l’autre. 

La tension de l’arc génère l’énergie qui permettra de donner vie à la flèche. Or cette tension est toute entière contenue dans la corde tendue. Les cordes des arcs étaient durant l’Antiquité faites de nerfs et de tendons d’animaux qu’on considérait aussi comme étant, chez l’Homme comme chez les bestioles, le siège de la force. Mais as-tu seulement idée des emplacements anatomiques précis de cette force dans l’esprit des Antiques ? Les voici : la nuque, les tendons du bras et surtout ceux de la cheville. Vois-tu où je veux en venir ? Un type du nom d’Achille réveillerait-il chez toi un vague souvenir scolaire (ou cinématographique) ? Tu es parfois d’une lenteur qui confine au sublime.

Filippo Albacini, Achille blessé, 1825. Sculpture en marbre présentée à la Galerie des Sculptures, Chatsworth House - Derbyshire © Reddit

Achille meurt d’une flèche tirée par Pâris (le lâche) dans la cheville (précisément dans le bien nommé « tendon d’Achille »). Un arc tendu d’une corde faite d’un nerf ou d’un tendon – siège de la force – donna l’énergie à une flèche (désormais vivante) pour atteindre son but et faire mourir l’essence même de la force vitale du héros invincible. La même chose se produit lorsque l’Argonaute Poias tue le Géant Talôs d’une flèche dans la cheville. Dans les mythes des cultures indo-européennes ces exemples sont nombreux et il faut ici admettre une ancienne et profonde association entre les idées de vie, de force, de tendons et de nerfs, d’arc, de cordes et de flèches. L’association se retrouve par ailleurs au Japon (dans le kyūdō) et dans les cultures amérindiennes. Toutes ces considérations caractérisent avec finesse l’arc et les flèches d’Artémis. Les armes de la déesse ne sont pas d’essence guerrière mais d’essence véritablement vitale et mortelle.

Artémis en bronze du château de Rambouillet © La parisienne et ses photos

L’arc et les flèches d’Artémis incarnent le mouvement palintrope de la vie et de la mort, un mouvement qui se retourne et revient sur lui-même. C’est un accord des contraires nécessaire à l’harmonie, un accord qu’incarne elle-même Artémis. À la fois vierge et protectrice des jeunes filles et des accouchements, elle protège la venue au monde mais achèvent les femmes qui perdent le souffle en couches « de ses douces flèches ». Elle incarne l’association paradoxale entre chasteté et fécondité dans toutes les variantes de son culte. 

L’arc et la lyre

Ce palintrope qui caractérise l’arc, les flèches et Artémis elle-même ne s’arrête pas là. Tu n’ignores pas que la déesse a pour frère jumeau Apollon. L’un est le masculin et associé au Soleil, à la lumière, aux arts qui marquent l’humanité civilisée, l’autre est le féminin liée à la Lune et régnant sur l’eschatiai, les espaces sauvages où l’Homme n’est pas. Mais tous deux sont archers. Certes,  objecteras-tu, mais l’arc n’est pas l’attribut le plus connu d’Apollon auquel on préfère donner une lyre. C’est vrai en effet mais dans la culture grecque antique, l’arc et la lyre ont les mêmes rapports entre eux qu’Apollon et Artémis. 

Arc et lyre ont en commun leurs matériaux mais également les gestes qui permettent de les manipuler correctement. Le musicien tout comme l’archer doit tendre sur son instrument une corde faite de nerf ou de boyau. Aussi, les cordes doivent dans les deux cas répondre au même impératif de résistance et être capables de supporter la tension nécessaire pour obtenir un son ou une énergie. Dans les deux activités, les cordes doivent être impérativement protégées de l’humidité pour ne pas se détendre et toujours, pour la lyre comme pour l’arc, elles doivent rendre un son harmonieux. Les Grecs avaient parfaitement conscience de ce lien que l’on constate dans l’Odyssée (chant XXI, 406 – 411) lorsque Ulysse retrouve son arc :

Comme un homme savant dans l’art de la phorminx (lyre) et du chant,

Tend facilement une corde autour du kollops neuf

Ayant attaché à chaque bout un boyau bien tendu de mouton

Ainsi Ulysse banda sans effort son grand arc.

Après l’avoir prise de sa main droite, il essaya la corde :

Elle chanta clair, avec la voix d’une hirondelle.

Sculpture de Diane au château de Rambouillet © Yummy Mommy Paris

Tout comme l’arc, l’efficacité de la lyre résulte de l’accord entre des forces contraires qui s’équilibrent et se complètent. L’usage des mêmes matériaux n’est pas anodins. Les points communs entre les cordes de l’archer et celles des musiciens appuyèrent même l’hypothèse d’Annie Bélis (archéologue et musicienne française, spécialiste de la musique de l’Antiquité grecque et romaine), proposant que le marchand de cordes d’instruments « vendait peut-être des cordes d’arc en même temps que des cordes de lyres ou de cithares. »

Et, si on n’ignore quel bois était employé dans la réalisation des arcs et des instruments, on peut néanmoins formuler l’hypothèse que le palmier-dattier, largement présent dans le bassin méditerranéen, ait pu être préféré notamment pour ses grandes qualités de souplesse et de résistance. D’autant qu’Apollon et Artémis plus encore sont étroitement liés à cet arbre car leur mère Léto accoucha à Délos sous un palmier-dattier (ou s’y agrippa, les versions varient selon les mythes). 

L’arc et les flèches d’Artémis ne sont donc pas les simples armes qui qualifient la chasse et par extension la déesse qui s’y rattache. Ces armes renvoient à une considération profonde et philosophique de ce qui caractérise la vie et la mort. Artémis porte parfois l’épithète Trivia « celle qui éclaire la route aux carrefours de la vie » ;  elle est en effet celle qui oriente la flèche (la vie) depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte. Elle équilibre grâce à l’arc et la flèche les forces contraires qui permettront aux jeunes enfants d’éteindre leurs pulsions animales pour vivre dans la société civilisée. 

Diane chasseresse, circa 1550. Huile sur toile de l’École de Fontainebleau. Musée du Louvre

L’arc et les flèches d’Artémis sont comme la lyre des objets d’harmonie qui accordent ensemble des forces contraires dans un mouvement revenant constamment sur lui-même : partant de l’inerte vers le mouvement pour redevenir inerte. Ils traduisent ainsi l’indispensable nécessité de la vie pour connaître la mort et de la mort pour connaître la vie. 

  • De HURST, La Mythologie et l’Odyssée : hommage à Gabriel Germain : actes du colloque international de Grenoble, mai 1999, Librairie Droz, 2002
  • FRÉDÉRIC Louis, L’Arc et la Flèche. Les Symboles. Éditions du Félin Philippe Lebaud Éditeur. Paris, 1995
  • KAMPEN John, The Cult of Artemis and the Essenes in Syro-Palestine. Dead Sea Discoveries, vol. 10, no. 2, 2003, pp. 205–220.
  • MIROUX Georges, Artémis, Artamos, Artamésis, Artamein. In: Les grandes figures religieuses : fonctionnement pratique et symbolique dans l'Antiquité. Actes du Colloque international (Besançon, 25-26 avril 1984) Besançon : Université de Franche- Comté, 1986. pp. 127-136. (Annales littéraires de l'Université de Besançon, 329) 
  • MONBRUN Philippe, Les voix d’Apollon : l’arc, la lyre et les oracles. Presses universitaires de Rennes, 2015
  • MONBRUN Philippe, Artémis et le palmier dattier. In: Pallas, 35/1989. Les religions antiques. Un inédit d'archéologie régionale. La seconde mort des Gracques. pp. 69-93 
  • REBOREDA MORILLO Susana, L'arc et les flèches en Grèce à la fin de l'Âge du Bronze et au début de l'Âge du Fer. In: Dialogues d'histoire ancienne, vol. 22, n°2, 1996. pp. 9-24; 
  • TRÉDÉ-BOULMER Monique, Artémis chez les Grecs. In: Albineana, Cahiers d'Aubigné, 14, 2002. Le mythe de Diane en France au XVIe siècle. pp. 13-22 
  • VERNANT Jean-Pierre, Artémis et le sacrifice préliminaire au combat. Revue Des Études Grecques, vol. 101, no. 482/484, 1988, pp. 221–239. 
  • L’Artémis d’Éphèse : particularités et évolutions on https://eduscol.education.fr/odysseum/lartemis-dephese-particularites-et-evolutions
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