Longtemps interlope, l’objet suscite depuis toujours une large palette d’émotions dont je te laisse établir l’inventaire. Voici, pour toi lecteur, l’histoire du godemichet.

Nota bene : sans être une lecture d’enfant de cœur, cet article s’en tiendra à l’histoire de ce jouet illustré de photographies et dessins de sex toys qui, tu t’en doutes, n’auront pas le loisir de plaire aux plus pudibonds.

Le début d'un Art

Intérêt récurrent à toute l’humanité, le sexe demeure une des préoccupations centrales des sociétés. Dès la Préhistoire, de nombreux phallus sont sculptés dans la pierre ; pour autant, ces objets semblent avant tout remplir des fonctions symboliques de fertilité visant à favoriser les récoltes. Pas de quoi folâtrer dans des grottes tapissées de peaux de bêtes.

En revanche, certains objets phalliques sèment le doute… Rien n’empêche d’imaginer une utilisation pratique autre que symbolique. Néanmoins, la famille Pierrafeu demeurant très mutique à ce sujet, nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui d’affirmer que ces objets aient pu un jour réchauffer les longues soirées des périodes glaciaires.

Phallus sculpté néolithique en pierre calcaire. Retrouvé à Maumbury Rings, site néolithique de Dorchester et actuellement présenté au Dorset County Museum de la même ville. © CM DIXON/Print Collector/GETTY Images
Plusieurs sculptures phalliques gravées figurant des prépuces rétractés ou absents, des piercings, des cicatrices et des tatouages. Circa 12 000 av. J.C © Javier Angulo / Hospital Universitario de Getafe, Espagne

Je n’évoquerai pas la légende qui veut que Cléopâtre ait inventé le vibromasseur en alliant de solides connaissances en matière de pratiques sexuelles et de non moins intéressants talents dans le domaine de l’apiculture. Rien n’atteste formellement qu’un rouleau de papyrus rempli d’abeilles ait été utilisé par la reine comme sex toy. Par ailleurs, les Grecs et les Romains ayant fait un bon boulot en matière d’influence culturelle, il serait injuste de ne pas leur rendre hommage. Les choses commencent donc à devenir intéressantes avec l’Antiquité grecque durant laquelle c’est souvent la fête du slip. Mais pas pour tout le monde.

Les mythes grecs assignent à la femme une position peu enviable. La première femme, Pandore, est créée par Zeus pour punir les hommes. Ambiance. À cause d’elle, les voici désormais mortels et obligés de se reproduire ; le sort s’acharne. Au Ve siècle avant J.C., la femme est considérée comme une jarre destinée à recevoir la semence de l’homme jusqu’à ce que les textes d’Aristote, Hippocrate ou Gallien estiment qu’à part égale l’homme et à la femme participent à la création d’un enfant.

Néanmoins, et pour contrebalancer une démarche par trop égalitaire, ils inventent le concept d’hystérie qui aura un impact direct sur l’utilisation de godemichet dans les siècles à venir.

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Godemichet en cuir. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux

Ce concept considère l’utérus comme un être à part entière capable de provoquer la folie voire même le suicide chez la femme. Pour remédier à ce mal, il est primordial que la femme ait des enfants le plus vite possible et surtout qu’elle reste à la maison (et accessoirement qu’elle la boucle. Manquerait plus qu’elle se plaigne en plus). La bonne citoyenne grecque reste à demeure. Celle qui sort est le plus souvent considérée comme une catin rôdant dans les rues avide d’assouvir son insatiable besoin de sexe, comme une bête en chaleur. Car oui, les femmes sont à ranger du côté de l’animalité plus que de l’humanité.

Tirésias qui est malencontreusement puni par les dieux et donc condamné à être une femme (pauvre vieux) n’y va pas par quatre chemins : à l’aune de son expérience il assure que les femmes ressentent plus de plaisir sexuel que les hommes pendant les parties de jambes en l’air. Les garces. La sentence est sans appel et brille d’objectivité : les hommes doivent avoir un contrôle sur les femmes car eux seuls sont capables de garder la tête froide.

Toutes ces considérations sont importantes car elles vont impacter l’utilisation des godemichets. Dans la pièce Lysistrata qui a pour contexte une grève du sexe organisée par les femmes durant la guerre du Péloponnèse (Ve siècle avant J.C.), Aristophane évoque cette pratique de l’onanisme par les citoyennes grecques. Lysistrata, un magistrat, démontre aux femmes que non seulement elles n’ont plus de maris, plus d’amants, mais aussi qu’elles ne peuvent même plus se procurer de godemichets car les Milésiens qui fabriquaient ce genre d’objets ont quitté l’alliance d’Athènes.

Godemichet en cuir rembourré de soies et daté du XVIIIe siècle Retrouvé à Gdansk en Pologne. Les exemplaires antiques ressemblaient pr

Les godemichets faisaient donc l’objet d’un artisanat spécialisé (à Milet) ce qui atteste d’une utilisation courante ! En effet, la société grecque avait tout intérêt à encourager les respectables citoyennes à user de l’olisbos (le nom qu’on donnait alors à ce jouet particulier) car que valait-il mieux ? Que les femmes, ces créatures libineuses, se vautrent dans le stupre, arpentent les rues et bousillent au passage la réputation de la famille durement acquise en forniquant à tout va ou qu’elles restent sagement à la maison à jouer avec leurs olisbos entre deux siestes des gamins ? Évidemment, tu as saisi l’idée.

On apprend également dans cette pièce d’Aristophane que les olisbos étaient fait du même cuir servant à la fabrication des sandales. Grâce à d’autres textes, on sait aujourd’hui que les godemichets antiques étaient rembourrés (d’herbes séchées, de soies, de poils d’animaux ou de tissus) et enduits d’huile végétale pour les lubrifier. Malheureusement, aucun exemplaire de ces jouets n’a été retrouvé à ce jour.

Néanmoins les poteries ne sont pas avares de représentations de phallus susceptibles de représenter des olisbos :

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Amphore de type C (CVA 307) Vers – 490 Petit Palais, Paris © Stéphane Piera / Petit Palais / Roger-Viollet

La Rome antique aura, peu ou prou, le même raisonnement que les Grecs à l’égard des femmes. L’acte sexuel ne doit servir qu’à alimenter la cité de nouveaux citoyens et les femmes respectables ne prennent pas de plaisir pendant l’acte. D’après les textes, l’utilisation de godemichets semble avoir été moquée et méprisé. Pourtant, son nom antique « gaude mihi » (qui donnera plus tard godemichet) signifie littéralement « réjouis-moi» et il est difficile de croire qu’il ne fut pas plus employé. Pétrone évoque dans le Satiricon un phallus de cuir ressemblant aux descriptions grecques des olisbos.

Le godemichet : l'ami de la vertu chrétienne

Au premier abord, godemichet et chrétienté semblent peu s’accorder. L’absence de sex toys dans les boutiques vaticanes le confirme indéniablement. Pourtant il faut bien se rendre à la sagesse de l’adage prescrivant « de deux maux, le moindre ».

Au Moyen-Âge, la chrétienté a jugé bon de cracher sur les païens mais pas sur la conception qu’ils se faisaient des femmes. Les femmes sont viles et concupiscentes, c’est d’ailleurs à cause de la première d’entre elle, Eve, que l’homme est obligé de travailler dur au lieu de courir à poil dans un jardin sous l’œil ému de son créateur. Grégoire le Grand (540-604) clarifie donc l’opinion de l’Église sur la sexualité : « Nous ne prétendons pas que le mariage soit coupable […] mais il ne peut avoir lieu sans volupté charnelle ».

Ainsi, au Moyen-Âge, le mariage doit unir deux personnes dont le seul but sera de pondre de nouveaux chrétiens. Impossible pour Greg de cracher dans la soupe, si tout le monde se range au célibat, il finira tôt ou tard par perdre son job faute de fidèles à houspiller. L’Église n’aime pas le sexe alors elle le restreint. Au maximum. Seulement pour procréer et jamais au grand jamais pour le plaisir (des sanctions existent bel et bien même si le flagrant délit était chaud à prouver). Seul point positif pour la carrière du godemichet, l’onanisme est sévèrement réprimé pour les hommes (c’est un « vice contre nature », une « mollesse » qui gaspille la semence masculine et voue l’espèce à l’extinction, rien que ça) mais est encouragé pour les femmes. Amen.

Fou tenant un godemichet, XVIe siècle Hans Sebald Beham (1500 – 1550), dessinateur et graveur allemand

Si la masturbation est tolérée pour les femmes ce n’est pas par charité chrétienne et tentative de libération sexuelle. C’est même tout l’inverse. Dans la pensée chrétienne médiévale tout comme dans la pensée antique, les femmes ne savent pas contrôler leurs pulsions sexuelles, la preuve en est qu’elles sont parfaitement incapables de stopper leurs menstruations (hahaha). Alors Albert le Grand (1200 – 1280) trouve à la masturbation féminine des vertus thérapeutiques qui, sur le plan social, permettent d’éviter adultères et autres bâtards tout en garantissant la pureté du lignage.

Il existe peu de mentions de la nature des godemichets au Moyen-Âge mais les pénitentiels (livres aidant les clercs à l’administration du sacrement de pénitence) font état de femmes utilisant pour leur plaisir des légumes ou des objets fabriqués et bois.

Les catégories sociales les plus riches auront quant à elles accès, dès le XVe siècle, à des godemichets de luxe vendus dans les grands centres urbains d’Europe de l’ouest.

Au XVe siècle, le marché du luxe ne dénigre pas les préoccupations voluptueuses et satisfont les goûts dispendieux - sinon libidineux - de leur riche clientèle par d'exceptionnelles pièces délicatement soufflées en verre Murano.

Godemichet en verre Murano, XVIe siècle. © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux
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Ces sex toys provenant de Murano en Italie deviennent rapidement des objets témoignant d’un certain raffinement dans les classes aisées. Rendons grâce aux Ragionamenti de Pierre l’Arétin (1492 – 1556) grâce auxquels l’Europe découvre ces produits ce luxe ; dans ce manuel destiné aux filles de plaisir l’écrivain décrit par la voix de Nanna, une courtisane, la livraison d’un panier de fruits très spéciaux dans un établissement religieux rassemblant prêtres, abbés, novices, nonnes et abbesses :

À peine avaient-ils posé les yeux sur ces fruits du Paradis […] que les mains des hommes et des femmes se jetèrent sur ces fruits de la même façon que les gens se précipitent sur les bougies jetées de la Loggia le jour de la chandeleur.

Demandant ce qu’étaient exactement ces fruits, sa protégée Antonia appris qu’ « ils étaient ces fruits de verre fabriqués à Murano… à la forme de témoignage d’homme. »

Désignés en Italie par le nom de diletto (délice) ou de passatempo, ils étaient connus en Angleterre sous le nom de pastinache muranese « panais de verre ». Un poème de Thomas Nashe, The Choice of Valentines, présente l’héroïne préférant à un jeune homme éjaculateur précoce son « little dildo » en verre qui ne risquait « jamais de faire gonfler [son] ventre avec un enfant » et qui se nourrissait « d’eau chaude ou de lait » permettant de simuler une éjaculation au moment de l’orgasme.

Une jeune fille testant avec sérieux le matériel fabriqué à Murano. Estampe érotique de Marcantonio Raimondi (circa 1470/82 – 1527/34). Nationalmuseum, Stockholm

La fête du slip

L’outil se perfectionne et gagne en réalisme. La littérature érotique des XVIIe et XVIIIe siècle se laisse volontiers aller à quelques grivoiseries et permet d’enrichir notre connaissance, et la tienne au passage, en matière de godemichets. Charles de Cigogne, auteur érotique (pour ne pas dire pornographique) du XVIIe siècle, nous est ici d’une aide précieuse puisqu’il dédit un poème à ces jouets, Godemichy :

« Mais je me plains que tout le jour,
Fuyant même le nom d’amour,
Vous contrefaites la doucette,
Cependant que, toute la nuit,
Vous prenez un nouveau déduit
Avec un manche d’époussette. […]

 

Une autrefois, il faut choisir
Le temps, le lieu, et le plaisir
De vous caresser à votre aise ;
Usant de ces bâtons polis
Dont l’on rehausse les gros plis
Et les bouillons de votre fraise.

 

Ceux de velours ne coulent pas,
Ceux de satin deviennent gras,
Et sont rudes à la couture ;
Ceux de verre, par un malheur,
S’ils se cassaient, en la chaleur,
Vous pourraient gâter la nature.

 

Il vaudrait bien mieux pratiquer
L’amour même, sans se moquer,
Sans aimer l’ombre de son ombre,
Et sans un ébat tout nouveau,
Vous jouer de quelque naveau
Ou d’un avorton de concombre. »

Voilà un inventaire riche et détaillé, présentant avantages et inconvénients de chaque modèle. Manche d’un petit balai, bâton poli, en velours, en satin, en verre ou sélectionné dans les allées d’un potager, les avatars phalliques ne manquent pas ! On devine bien sûr que chaque catégorie sociale fait selon ses moyens et que les ouvrages de velours ne fréquentent pas les mêmes demeures que les manches à balai.

Godemichet en verre Murano © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Franck Raux

En 1655, le premier roman libertin et érotique paraît anonymement à Paris et s’intitule L’École des Filles. Dans cet instructif ouvrage dont l’époque reprocha (justement) à son auteur son nom de « Jean l’Ange » en lui intentant un procès, dans cet ouvrage dis-je, deux cousines discutent des choses de l’amour. La plus âgée, Susanne, détaille à Fanchon la plus jeune tout ce qui a attrait aux relations entre hommes et femmes. Elle aborde ainsi le chapitre des godemichets sans détour :

Charles de Cigogne avait omis de nous parler charcuterie et luminaire. L’exhaustivité des listes tend bien à prouver que le godemichet n’était pas un jouet aussi rare qu’on pourrait l’imaginer puisque chaque catégorie sociale trouvait dans ses ressources financières ou domestiques les moyens « d’appaiser leur chaleur & de soulager la nature vitale ».

Gravure tirée de L’École des filles – ou la philosophie des dames, premier ouvrage libertin d’auteur inconnu, parût en 1655. © Slate

Une question demeure : où se procurait-on les godemichets au XVIIe et XVIIIe siècle ? Comme au Moyen-Âge, cela dépendait de ses moyens financiers. Si les objets du quotidien faisaient le plus souvent l’affaire, les plus beaux exemplaires de godemichets étaient achetés auprès des verriers italiens, on passait commande aux orfèvres pour ceux en argent ou bien aux ébénistes pour ceux en bois.

Deux godemichets français en palissandre et fleur-de-lysé, dans leur coffret d’origine, XVIIIe siècle Vendus en 2010 par Brentwood Antiques Auction (Angleterre) pour la somme de 3600£ © The Telegraph

Au XVIIIe siècle, il suffit de suivre les prostituées ou les adresses des meilleurs bordels pour obtenir l’objet convoité.

À Londres, il n’est rien de plus simple que de se procurer un dildo puisqu’ils se vendent au vu et au su de tous chez Madame Phillips qui tient boutique à Leicester Square, en plein cœur de Londres.

À Paris, c’est à l’adresse de Madame Marguerite Gourdan (1727 – 1783), dite la « Petite Comtesse » qu’il faut se rendre. Son établissement situé 23 rue Dussoubs accueille la plus haute société et rend les plus aimables services. À son décès, une quantité de lettres d’abbesses ou de simples nonnes furent retrouvées parmi ses papiers, toutes demandant l’envoi d’un « consolateur », l’autre nom du godemichet au XVIIIe siècle, dont l’entremetteuse faisait commerce.

La Fée Électricité

Puis vint la Révolution industrielle du XIXe siècle. À partir de cette époque, le godemichet va peu à peu adopter l’allure qu’on lui connaît aujourd’hui. L’exploitation du caoutchouc d’Inde permet d’obtenir des modèles de plus en plus réaliste et de moins en moins onéreux. À Londres, ils se vendaient dans les années 1840 entre 2 et 10£ les mettant à la porter de (presque) toutes les bourses (si je puis dire). Les modèles se multiplient et on en trouve bientôt pouvant être utilisés par deux personnes en même temps.

Les plus luxueux sont toujours réalisés en métal ou en ivoire auprès d’artisans spécialisés ou bien achetés directement dans les bordels.

Godemichet en ivoire gravé d’un cœur. Le bouchon dévissable à sa base permet d’y introduire un liquide. Angleterre vers 1870/1880 © AnticStore
Godemichet veiné et un stylet en ivoire. Travail anglais, circa 1900. Coffret à l’imitation du palissandre © Millon

Mais c’est véritablement avec le développement des appareils électriques que le godemichet va entamer une nouvelle carrière. Cinquième objet à être électrifié et d’invention anglaise (après la bouilloire mais avant l’aspirateur ou le fer à repasser ; ce qui résume à peu de choses près les priorités d’un Anglais : le thé et le sexe), le godemichet devient vibromasseur et tient de la prescription médicale !

Le premier vibromasseur de l’histoire fut inventé par Joseph Mortimer Granville (1833 – 1900) dans à la fin du XIXe siècle

Le corps médical (essentiellement masculin) ne démord pas, et ce depuis l’Antiquité, de la nécessité de soigner les hystériques (que sont potentiellement toutes les femmes équipées d’un utérus). Or pour se faire, on prescrit des massages vulvaires. Puisque ce même corps médical ne conçoit pas de jouissance féminine sans pénétration, le massage vulvaire et le « paroxysme hystérique » qu’il doit d’atteindre pour « soulager » la patiente est à mille lieux d’être considéré comme un orgasme… Ces massages souvent longs et barbants pour les médecins sont relégués aux sages-femmes puis aux patientes elles-mêmes à qui il est chaudement recommandé l’utilisation de vibromasseurs pour soigner leur hystérie…

Canard vibrant, Sonia Rykiel © chicandgeek.com

Ces premiers vibromasseurs apparaissent dans les années 1860 – 1870 puis sont largement commercialisés dès 1905 avant d’être réprouvés et associés à la pornographie jusqu’à un retour en grâce au tournant du nouveau millénaire avec le célèbre Canard vibrant de Sonia Rykiel.

Aujourd’hui, le godemichet et le vibromasseur sont devenus des objets associés à la libération sexuelle, se défaisant des préjugés qu’ils servirent pendant plusieurs siècles. Si les verriers de Murano, orfèvres et autres ébénistes ne fournissent plus les sex shops de ces productions polissonnes, les industries du plastique et du silicone pallient à ces manques et proposent aujourd’hui une variété effarante de formes, de couleurs et de textures. L’imagination au quotidien n’est plus nécessaire ce qui est finalement une bonne chose si l’on considère qu’au XIXe siècle, la perforation de la vessie par des épingles à cheveux pendant la masturbation fut un mal si commun qu’il fallu l’invention d’un instrument spécial pour les retirer. Je terminerai donc en citant l’éloquent groupe Elmer Food Beat dont la verve poétique me semble résumer avec brio les qualités de ces nouveaux matériaux :

Le plastique c’est fantastique,
le caoutchouc super doux
Nous l’affirmons sans complexe
Nous sommes adeptes du latex

  • Sous la direction de JOURNET N. et BEDIN V., Le Sexe, d’hier à aujourd’hui, Éditions Sciences humaines, Paris, 2013
  • Collectif, Art and Love in Renaissance Italy, The Metropolitan Museum of Art, New-York & Yale University Press, New Haven and London, 2009
  • DEFRANCE E., Vieilles Façades Parisiennes, La Maison de Madame Gourdan, Documents inédits sur l’histoire des mœurs de la fin du XVIIIe siècle, Illustrations de Louis Michel, Paris Société du Mercure de France 26 Rue de Condé, 1901 (?)
  • FLANDRIN J-L., Le Sexe et l’Occident, Évolution des attitudes et des comportements, Collection L’Univers Historique, Seuil, Paris, 1981
  • FOUCAULT D. (Université de Toulouse Jean Jaurès) – Le pénis en littérature : des fabliaux aux romans libertins du XVIIIe siècle. New-York University of Paris
  • 24/05/2013. 
Journée d’étude : « Histoire du pénis » Intervention orale non publiée GUEVARA, Perry (2016) « Desdemona’s Dildo: Fetish Objects and Transitional Sex in Othello, » Early Modern Culture: Vol. 11 , Article 2
  • HAVELOCK ELLIS H., Studies in the Psychology of Sex, William Heinemann Medical Books, LTD, USA, 1942
  • MIRABEAU, Honoré-Gabriel Riqueti (1749-1791 ; comte de). Erotika Biblion(édition revue et corrigée sur l’édition originale de 1783 et sur l’édition de l’an IX, avec les notes de l’édition de 1833) par Mirabeau. 1867 (Gallica)
  • MAINES Rachel P., Technology of Orgasm, The John Hopkins University Press Baltimore & London, Baltimore, 1999
  • MUCHEMBLED R., L’Orgasme et l’Occident, Une histoire du plaisir du XVIe siècle à nos jours, Seuil, Paris, 2005
  • D. et A. C., « Lysistrata », Coulisses [En ligne], 3 | Hiver 1991, mis en ligne le 04 juillet 2017 (http://journals.openedition.org/coulisses/1645 ; DOI : 10.4000/coulisses.1645)
  • nos jours, Seuil, Paris, 2005 D. et A. C., « Lysistrata », Coulisses [En ligne], 3 | Hiver 1991, mis en ligne le 04 juillet 2017 (http://journals.openedition.org/coulisses/1645 ; DOI : 10.4000/coulisses.1645)